Pièces à conviction

Documentaires de création
1985, La dernière biennale de Paris. Personne ne le savait à l’époque. En pleine montée du post-modernisme je m’interroge sur le sens de la pratique artistique au milieu des années 80. 8 artistes contemporains seront «mis en situation», sommés de justifier leur œuvre. Ce n’est que plus tard que je compris que ce travail sans scénario initial, créant par la fiction le contexte d’émergence du film improvisé, prendrait le chemin des dispositifs interactifs jusqu’à la réalité virtuelle. Lavier se retrouve dans une banque, aux heures de pointes acculé à tout dire sur Brandt/Haffner. Le malaise vient du fait qu’il n’était pas prévenu. Il est interrogé en public sur ce qui serait pour ce dernier un vrai sujet d’interrogation: son œuvre, « un ready made sur un ready made ». Alberolla ne voit pas la camera qu’il lui rase le visage: elle n’est pas censée le filmer, il se sent plus libre de dire ce qu’il a sur le cœur: « Vous savez qu’il n’y a pas la guerre ici ? », et quand il découvre que c’est un acteur et non le réalisateur qui l’interroge, celui qui expose un faux texte de Hegel accepte avec humour les hasards de la situation…