{"id":18718,"date":"1998-05-11T12:01:39","date_gmt":"1998-05-11T04:01:39","guid":{"rendered":"http:\/\/benayoun.com\/moben\/2017\/03\/11\/world-skin\/"},"modified":"2017-05-02T16:20:50","modified_gmt":"2017-05-02T08:20:50","slug":"world-skin","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/benayoun.com\/fr\/1998\/05\/11\/world-skin\/","title":{"rendered":"World Skin"},"content":{"rendered":"<p>[vc_row css_animation=&#8221;&#8221; row_type=&#8221;row&#8221; use_row_as_full_screen_section=&#8221;no&#8221; type=&#8221;full_width&#8221; angled_section=&#8221;no&#8221; text_align=&#8221;left&#8221; background_image_as_pattern=&#8221;without_pattern&#8221;][vc_column][vc_column_text]<\/p>\n<h5>CAVE VR installation<\/h5>\n<h5><strong>World Skin, a Photo-Safari in the Land of War <\/strong><\/h5>\n<p>un safari photo au pays de la guerre<br \/>\nconcept musique dispositif photographie machinerie cr\u00e9dits images<\/p>\n<p>les 100 derni\u00e8res prises de vues de World Skin<\/p>\n<p>Le concept<\/p>\n<p>Arm\u00e9s d&#8217;appareils photo, nous d\u00e9ambulons dans un espace tridimensionnel. Le paysage qui s&#8217;offre \u00e0 nous est celui de la guerre. Immeubles d\u00e9truits, hommes en armes, chars, canons, d\u00e9bris, corps bless\u00e9s, mutil\u00e9s. Cet assemblage de photographies et d&#8217;images d&#8217;actualit\u00e9s provenant de diff\u00e9rents lieux de combat constitue un univers satur\u00e9 de violence tranquille. L&#8217;espace sonore donne le ton d&#8217;un monde o\u00f9 la souffrance est la respiration. Peu d&#8217;effets. On sent bien que notre pr\u00e9sence, en tant que visiteurs, pourrait troubler cet \u00e9quilibre chaotique. C&#8217;est notre action pourtant qui r\u00e9veillera la douleur. Nous photographions et la photographie est ici une arme \u00e0 effacer.<\/p>\n<p>Le pays de la guerre n&#8217;a pas de fronti\u00e8res. Comme autant de touristes nous le visitons camera au poing. Chacun peut cadrer, capturer un moment de ce monde \u00e0 l&#8217;agonie. Ce qu&#8217;il prend n&#8217;est plus l\u00e0 pour personne. Chaque fragment photographi\u00e9 dispara\u00eet de la sc\u00e8ne remplac\u00e9 par sa silhouette noire. Progressivement le monde s&#8217;efface au gr\u00e9 des prises de vues. Chaque image saisie est imprim\u00e9e. Lorsqu&#8217;elle est sur le papier, elle n&#8217;est plus sur l&#8217;\u00e9cran. Seule persiste sa trace fantomatique, dispers\u00e9e selon le point de vue, qui vient occulter des fragments de photographies \u00e0 venir. Notre progression dans cet univers trahit sont caract\u00e8re infini et les \u00e9l\u00e9ments chaotiques se r\u00e9g\u00e9n\u00e8rent quand on les red\u00e9couvre, assembl\u00e9s diff\u00e9remment dans une trag\u00e9die sans fin.<\/p>\n<p>Nous prenons des photos. Par notre geste &#8211; agression puis plaisir \u00e0 partager &#8211; nous arrachons la peau du monde. Celle-ci devient troph\u00e9e et notre gloire augmente quand le monde dispara\u00eet.<\/p>\n<p>L&#8217;immersion dans la guerre est ici une immersion dans l&#8217;image. Mais c&#8217;est un spectacle. Dans l&#8217;ordre des \u00e9v\u00e9nements qui jalonnent l&#8217;histoire individuelle, la guerre est un accident particulier qui fonctionne comme r\u00e9v\u00e9lateur du tr\u00e9fonds de l&#8217;humanit\u00e9. Il participe de la r\u00e9ification de l&#8217;autre. La prise de vues d\u00e9poss\u00e8de de l&#8217;intimit\u00e9 de la douleur en m\u00eame temps qu&#8217;elle en t\u00e9moigne.<\/p>\n<p>Ce qui est en jeu ici, c&#8217;est la place de l&#8217;image dans notre prise de possession du monde. Les r\u00e9alit\u00e9s les plus crues, les plus brutales sont r\u00e9duites dans notre perception \u00e0 l&#8217;\u00e9tat de surface \u00e9motionnelle. L&#8217;appropriation, l&#8217;appr\u00e9hension, la compr\u00e9hension du monde c&#8217;est une capture. Capter, c&#8217;est s&#8217;approprier, ce qui est pris n&#8217;est plus \u00e0 prendre. En anglais : &#8220;Shot&#8221;, &#8220;Shooting&#8221;, en fran\u00e7ais &#8220;prise de vues&#8221;. Tirer\/Prendre. Sur un support mat\u00e9riel, prendre, c&#8217;est enlever. La photographie capture la lumi\u00e8re r\u00e9fl\u00e9chie par le monde. C&#8217;est un acte individuel de saisie et de mise en ordre. Plier au rectangle du cadre.<\/p>\n<p>L&#8217;image neutralise le contenu. Les m\u00e9dias ram\u00e8nent tout au m\u00eame plan. La m\u00e9moire physique, le papier (par exemple) est la porte ouverte \u00e0 une certaine forme d&#8217;oubli. Mettre &#8220;l&#8217;objectif&#8221; entre le monde et nous. On se prot\u00e8ge d&#8217;avoir \u00e0 r\u00e9agir. On &#8220;prend&#8221; l&#8217;image et le monde &#8220;s&#8217;offre&#8221; en spectacle. Le monde et la destruction constituent une sc\u00e8ne privil\u00e9gi\u00e9e pour ce th\u00e9\u00e2tre l\u00e0. La trag\u00e9die comme spectacle de la nature \u00e0 l&#8217;\u0153uvre. Les vivants sont les touristes de la mort. Si l&#8217;art est un jeu grave, la guerre en est un autre. Un jeu qui engage le corps comme une question sans cesse martel\u00e9e sur la r\u00e9duction de l&#8217;\u00eatre \u00e0 l&#8217;enveloppe.<\/p>\n<p>La trace imprim\u00e9e est le pendant de l&#8217;oubli. &#8220;Bonne conscience&#8221; s&#8217;oppose \u00e0 &#8220;bonne m\u00e9moire&#8221;. On sait ce que l&#8217;on garde on ne sait pas ce qu&#8217;on enl\u00e8ve. Ici, le spectateur\/touriste contribue \u00e0 renforcer la dimension tragique du spectacle. Sans lui, ce monde serait laiss\u00e9 \u00e0 sa douleur. Lui la r\u00e9veille, la r\u00e9v\u00e8le. Avec les m\u00e9dias, la guerre devient une sc\u00e8ne publique &#8211; comme on dit &#8220;une fille publique&#8221;- obsc\u00e8ne, o\u00f9 la souffrance se donne \u00e0 voir. O\u00f9 chacun dispara\u00eet corps et \u00e2me. Le corps bless\u00e9 nous renvoie l&#8217;image de l&#8217;homme comme entit\u00e9 fractionnable. Plus ou moins de mati\u00e8re. La logique de la mati\u00e8re pr\u00e9vaut sur celle de l&#8217;esprit, liant menac\u00e9 des corps sociaux.<\/p>\n<p>La guerre est une oeuvre collective dangereusement interactive. La cr\u00e9ation interactive joue de ce trouble. O\u00f9 l&#8217;engagement du corps sugg\u00e8re une relative vuln\u00e9rabilit\u00e9. Le monde est la proie du regard. Chacun participe \u00e0 sa disparition. La r\u00e9v\u00e9lation collective devient jouissance individuelle, objet d&#8217;une satisfaction f\u00e9tichiste. Je garde pour moi (la trace de) ce que j&#8217;ai vu. Poss\u00e9der la trace imprim\u00e9e, poss\u00e9der l&#8217;image, c&#8217;est le paradoxe du virtuel qui s&#8217;accommode mieux de la glorification de l&#8217;\u00e9ph\u00e9m\u00e8re. La mati\u00e8re sonore est l\u00e0 pour nous faire vivre, au del\u00e0 des jeux d&#8217;image, cette immersion comme une participation r\u00e9elle au drame. Loin du jeu vid\u00e9o qui fait de nous des combattants z\u00e9l\u00e9s, le son r\u00e9v\u00e8le la nature de gestes apparemment innocents, il vise \u00e0 faire vivre plus qu&#8217;\u00e0 faire comprendre. Il y a des choses qui ne se partagent pas. La douleur et l&#8217;image de notre souvenir sont de celles l\u00e0. Les mondes \u00e0 explorer peuvent nous en rapprocher, mais comme m\u00e9taphores, jamais comme simulacre.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>La musique<\/p>\n<p>Au c\u0153ur des syst\u00e8mes de visualisation faisant appel \u00e0 la r\u00e9alit\u00e9 virtuelle, il y a l&#8217;id\u00e9e d&#8217;immersion. Dans un salle comme le CAVE de l&#8217;Ars Electronica Center (Linz) le spectateur est entour\u00e9 par l&#8217;image (trois murs et le sol constituent une image compl\u00e8te de l&#8217;environnement). Il n&#8217;est pas seulement entour\u00e9, il est litt\u00e9ralement plong\u00e9 dans le monde qu&#8217;on lui donne \u00e0 explorer. Les lunettes \u00e0 cristaux liquides que l&#8217;on utilise fournissent une vision st\u00e9r\u00e9oscopique de la sc\u00e8ne qui donne le sentiment que l&#8217;on pourrait toucher les formes en d\u00e9placement dans l&#8217;espace. Cet effet magique du relief est le premier danger \u00e0 guetter et l&#8217;on pourrait surprendre le visiteur appr\u00e9ciant le proc\u00e9d\u00e9 plus qu&#8217;il ne re\u00e7oit ce qu&#8217;on lui donne \u00e0 voir et \u00e0 entendre. Pour \u00e9chapper \u00e0 la magie il faut \u00eatre compl\u00e8tement dans le sujet. C&#8217;est l\u00e0 que se joue la partie musicale de Jean-Baptiste barri\u00e8re.<\/p>\n<p>Dans les mondes virtuels, il en va de la musique comme de l&#8217;image. L&#8217;analogie la plus imm\u00e9diate que nous offrent les mondes virtuels, c&#8217;est le monde r\u00e9el. Ceci d\u00e9passe le stade de l&#8217;\u00e9vidence. Un univers virtuel, m\u00eame symbolique, non r\u00e9aliste, poss\u00e8de une caract\u00e9ristique commune avec le monde r\u00e9el : Son aptitude \u00e0 r\u00e9agir \u00e0 la pr\u00e9sence du visiteur. Comme dans le monde r\u00e9el, notre pr\u00e9sence modifie le monde, l&#8217;image n&#8217;est alors que le passage oblig\u00e9 et \u00e9ph\u00e9m\u00e8re vers un syst\u00e8me de sens fait monde. L&#8217;organisation des \u00e9l\u00e9ments dans l&#8217;espace, la structuration de cet espace, le comportement de ces \u00e9l\u00e9ments constituent la base de la composition dynamique qui constitue le propre d&#8217;un monde virtuel. Bien \u00e9videmment le son joue un r\u00f4le dans cette composition au m\u00eame titre que l&#8217;image. Nous ne somme pas face \u00e0 un spectacle enti\u00e8rement pr\u00e9-\u00e9crit comme ce serait le cas pour un op\u00e9ra, ou, de fa\u00e7on plus rigoureuse, un film de cin\u00e9ma o\u00f9 l&#8217;organisation spatio-temporelle des \u00e9l\u00e9ments sonores et visuels est d\u00e9termin\u00e9e une fois pour toute. Ici ce sont les processus d&#8217;\u00e9volution, les modalit\u00e9s de r\u00e9action qui donnent un poids singulier \u00e0 l&#8217;action conjointe du son et de l&#8217;image.<\/p>\n<p>La virtualit\u00e9, dans le sens de la potentialit\u00e9 du devenir des choses, est une caract\u00e9ristique inh\u00e9rente au monde r\u00e9el, elle devient la n\u00e9cessit\u00e9 faite sens des mondes virtuels. Dans World Skin, le relief de l&#8217;image se retrouve dans le traitement du son. Celui-ci est pr\u00e9sent dans l&#8217;espace avec le m\u00eame relief, avec le m\u00eame degr\u00e9 de texturage qui fait ici la force de l&#8217;image. Il est indissociable. C&#8217;est la m\u00eame vibration qui nous parcours la moelle \u00e9pini\u00e8re et qui anime cette mati\u00e8re particuli\u00e8re de l&#8217;image. Mais il n&#8217;y a pas de volont\u00e9 d&#8217;\u00e9quivalence de m\u00eame qu&#8217;il n&#8217;y a pas de volont\u00e9 d&#8217;illusion immersive. Bien au contraire, c&#8217;est le son qui va progressivement donner du sens \u00e0 l&#8217;action. Le comportement du groupe de touriste \u00e9volue dans le temps. Fort de sa facult\u00e9 d&#8217;agir sur le monde par la prise de vues, il adopte rapidement un comportement compulsif qui n&#8217;est pas sans rappeler celui du citoyen ordinaire plong\u00e9 dans la guerre. Il en oublie les cons\u00e9quences ou la signification de ses actes. Agir avant de saisir est m\u00eame parfois la condition sine qua non de la survie.<\/p>\n<p>Mais le son est l\u00e0 pour transformer progressivement le clic de l&#8217;appareil de prise de vues ordinaire en d\u00e9tonation d&#8217;arme \u00e0 feu. L&#8217;agression change de camp, le geste change de sens, et l&#8217;\u00e9volution signifiante du son contribue \u00e0 augmenter la fr\u00e9n\u00e9sie destructrice que seul le &#8220;climax&#8221; sonore interrompt comme pour laisser le temps d&#8217;en appr\u00e9cier l&#8217;ampleur. C&#8217;est dans ce glissement progressif du comportement que se mesure la r\u00e9elle immersion plus que dans le r\u00e9alisme de l&#8217;environnement. La mati\u00e8re sonore s&#8217;attache donc aux choses de l&#8217;espace visuel mais clairement comme clef de lecture autant que comme facteur de texture d&#8217;un monde r\u00e9put\u00e9 immat\u00e9riel et inconsistant.<\/p>\n<p>Dans les phases d&#8217;exploration du &#8220;pays de la guerre&#8221; le travail sonore \u00e9tablit avec l&#8217;image fig\u00e9e des \u00e9l\u00e9ments visuels une tension permanente qui contribue au sentiment g\u00e9n\u00e9ral. En effet, alors que le son sugg\u00e8re une activit\u00e9 intense, ce sont des fragments d&#8217;images arr\u00eat\u00e9es qui jalonnent l&#8217;espace. Il en ressort l&#8217;impression \u00e9trange de parcourir un fant\u00f4me de guerre, un cimeti\u00e8re d&#8217;images qui n&#8217;en est pas moins profond\u00e9ment actuel. La nature de ces trames sonores \u00e9volue en fonction de la proportion d&#8217;espace blanchi, de m\u00e9moire \u00e9ffac\u00e9e. Les silhouettes blanches errent p\u00e9trifi\u00e9es dans la neige de l&#8217;oubli laissant derri\u00e8res elles des ombres d&#8217;image. Et le son mat laisse entendre, au loin, ce filet de m\u00e9moire, que le climax d\u00e9chire.<\/p>\n<p>Le dispositif<\/p>\n<p>La salle immersive<\/p>\n<p>La premi\u00e8re pr\u00e9sentation de World Skin \u00e0 eu lieu en sptembre 1997 dans la salle immersive de l&#8217;Ars Electronica Center. La surface de projection ressemble \u00e0 une pi\u00e8ce cubique dont chaque mur et le sol sont un \u00e9cran. Si le visiteur d\u00e9sire regarder dans une autre direction (en arri\u00e8re ou sur le c\u00f4t\u00e9), il lui suffit de tourner la t\u00eate, ou de se retourner. Le public est \u00e9quip\u00e9 de lunettes st\u00e9r\u00e9oscopiques. Il voit le monde qui l&#8217;entoure en relief ce qui supprime le sentiment de mise en bo\u00eete et permet de voir imm\u00e9diatement que les images qui peuplent World Skin sont planes et sans \u00e9paisseur. World Skin peut \u00eatre pr\u00e9sent\u00e9 en version mono-\u00e9cran. Il suffit qu&#8217;il soit assez grand pour prendre tout le champ de vision.<\/p>\n<p>La navigation<\/p>\n<p>Un membre du groupe peut d\u00e9cider du d\u00e9placement du groupe dans le paysage virtuel. D&#8217;une certaine mani\u00e8re il joue le r\u00f4le du conducteur de l&#8217;autocar. Chacun peut lui demander de modifier sa trajectoire. Toutes les directions sont possibles. Autour de lui les visiteurs actifs marchent sur le sol de la salle immersive sur lequel ils peuvent se d\u00e9placer librement choisissant de regarder dans une direction ou une autre sans contrainte.<\/p>\n<p>Les photographes<\/p>\n<p>Les visiteurs de World Skin ne restent pas inactifs. S&#8217;ils ne d\u00e9cident pas directement du d\u00e9placement du groupe, ils peuvent prendre des photographies de ce qu&#8217;ils voient. Du plafond pendent plusieurs (3) appareils photo, apparemment ordinaires, qui leur permettent d&#8217;effectuer cette prise de vues. Ces appareils servent \u00e0 cadrer le monde virtuel. Le d\u00e9clencheur assure ici une autre fonction : au lieu d&#8217;ouvrir l&#8217;obturateur, il envoie \u00e0 l&#8217;ordinateur les coordonn\u00e9es et l&#8217;orientation de l&#8217;appareil au moment du d\u00e9clenchement. Le cadrage correspondant est recalcul\u00e9 dans une d\u00e9finition sup\u00e9rieure, faisant bien entendu abstraction des visiteurs qui auraient pu masquer le spectacle.<\/p>\n<p>La prise de vues<\/p>\n<p>Apr\u00e8s s&#8217;\u00eatre saisi d&#8217;un appareil, le touriste choisit son angle, son cadrage et son moment pour d\u00e9clencher. Chaque appareil est \u00e9quip\u00e9 d&#8217;un capteur magn\u00e9tique ou infra rouge, qui lui permet, au moment du d\u00e9clenchement, de transmettre sa position exacte dans l&#8217;espace et son orientation selon les trois axes. La machine peut alors en d\u00e9duire le cadrage correspondant par rapport \u00e0 la sc\u00e8ne et au moment de la prise de vue.<\/p>\n<p>La peau du monde<\/p>\n<p>A chaque nouvelle prise de vue, la surface correspondante est enlev\u00e9e de la base de donn\u00e9es virtuelle. C&#8217;est comme si une projection blanche venait de faire dispara\u00eetre du paysage tous les pixels qui auraient \u00e9t\u00e9 atteints par le champ de l&#8217;appareil. Les fragments de surface ainsi blanchis ne reconstituent un rectangle (celui du cadrage) que sous l&#8217;angle exact de la prise de vue. Autrement, la perspective reprend le dessus et l&#8217;on d\u00e9couvre des fragments de surface blanchie r\u00e9partis sur la profondeur du d\u00e9cor. Ici un d\u00e9tail de personnage, l\u00e0 un morceau de l&#8217;immeuble qui \u00e9tait derri\u00e8re lui un instant plus t\u00f4t, l\u00e0 bas une portion de ciel qui par malchance \u00e9tait dans le champ. Apr\u00e8s un certain temps, on est conduit \u00e0 saisir les portions de monde encore libres au risque d&#8217;y trouver des fragments d\u00e9j\u00e0 blanchis par le regard des autres. Cette promenade virtuelle fonctionne comme si ce monde de fiction \u00e9tait infini et, \u00e0 avancer toujours dans la m\u00eame direction, on red\u00e9couvre (bien plus tard) les m\u00eames \u00e9l\u00e9ments encore vierges du regard d&#8217;autrui.<\/p>\n<p>La photo<\/p>\n<p>En sortant de la salle immersive le visteur d\u00e9couvre une imprimante qui produit la version solide des photographies prisent dans World SKin et qu&#8217;il peut d\u00e9finitivement s&#8217;approprier.<\/p>\n<p>La machinerie<\/p>\n<p>La version originale de World Skin est pr\u00e9sent\u00e9e sur une machine ONYX de Silicon Graphics. Il est maintenant possible, d&#8217;utiliser desPC linux et l&#8217;Ars Box produite par le Future Lab de l&#8217;Ars Electronica Center. Pour le syst\u00e8me de prise de vue il faut de 1 \u00e0 5 appareils photographiques (type compact \u00e9conomique, mais solide) modifi\u00e9s au niveau du d\u00e9clencheur, et 2 \u00e0 6 capteurs magn\u00e9tiques ou infra rouge. Les images fixes destin\u00e9es \u00e0 l&#8217;impression sont calcul\u00e9es sur la m\u00eame machine. La diffusion en simultan\u00e9e des images photographi\u00e9es sur le site web permet de consulter la totalit\u00e9 des images produites alors que seule une partie est imprim\u00e9e. Le syst\u00e8me CAVE, Ars Box ou SAS Cube peut bien entendu \u00eatre remplac\u00e9 par tout autre syst\u00e8me immersif (Immersadesk, visionarium, boom&#8230;) ou un \u00e9cran unique de r\u00e9tro projection.<\/p>\n<p>Cr\u00e9dits<\/p>\n<p>Cr\u00e9ation : Maurice Benayoun<\/p>\n<p>Musique : Jean-BaptisteBarri\u00e8re<\/p>\n<p>D\u00e9veloppements : Patrick Bouchaud, Kimi Bishop, David Nahon<\/p>\n<p>Pr\u00e9paration graphique : Rapha\u00ebl Melki<\/p>\n<p>Production : Ars Electronica Center , Z.A Production, Silicon Graphics Europe<\/p>\n<p>Remerciements : Daniela Basic, Zorha Balesic, Laurent Simonini, Pierre Beloin, Guergana Novkirichka[\/vc_column_text][\/vc_column][\/vc_row]<\/p>\n<!-- Begin Yuzo --><div class='yuzo_related_post style-1'  data-version='5.12.81'><!-- without result --><div class='yuzo_clearfixed yuzo__title yuzo__title'><h3>Related Works<\/h3><\/div>\n\t\t\t\t\t\t  <div class=\"relatedthumb \" style=\"width:135px;float:left;overflow:hidden;text-align:center;\">  \n\t\t\t\t\t\t\t  \n\t\t\t\t\t\t\t  <a  href=\"https:\/\/benayoun.com\/fr\/2007\/01\/01\/2007\/\"  >\n\t\t\t\t\t\t\t\t\t  <div class=\"yuzo-img-wrap \" style=\"width: 135px;height:100px;\">\n\t\t\t\t\t\t\t\t\t\t\n\t\t\t\t\t\t\t\t\t\t<div class=\"yuzo-img\" style=\"background:url('https:\/\/benayoun.com\/wp-content\/uploads\/2017\/01\/MB_LOGO_ICO-150x150.webp') 50% 50% no-repeat;width: 135px;height:100px;margin-bottom: 5px;background-size: cover;  border-radius: 5% \"><\/div>\n\t\t\t\t\t\t\t\t\t  <\/div>\n\t\t\t\t\t\t\t\t\t  \n\t\t\t\t\t\t\t\t   <span class=\"yuzo__text--title\" style=\"font-size:13px;\">2007<\/span>\n\t\t\t\t\t\t\t  \n\t\t\t\t\t\t\t  \n\t\t\t\t\t\t\t  <\/a>\n\n\t\t\t\t\t\t  <\/div>\n\t\t\t\t\t\t  <div class=\"relatedthumb \" style=\"width:135px;float:left;overflow:hidden;text-align:center;\">  \n\t\t\t\t\t\t\t  \n\t\t\t\t\t\t\t  <a  href=\"https:\/\/benayoun.com\/fr\/1995\/09\/14\/the-tunnel-under-the-atlantic\/\"  >\n\t\t\t\t\t\t\t\t\t  <div class=\"yuzo-img-wrap \" style=\"width: 135px;height:100px;\">\n\t\t\t\t\t\t\t\t\t\t\n\t\t\t\t\t\t\t\t\t\t<div class=\"yuzo-img\" style=\"background:url('https:\/\/benayoun.com\/wp-content\/uploads\/2017\/03\/tunnel401-150x150.webp') 50% 50% no-repeat;width: 135px;height:100px;margin-bottom: 5px;background-size: cover;  border-radius: 5% \"><\/div>\n\t\t\t\t\t\t\t\t\t  <\/div>\n\t\t\t\t\t\t\t\t\t  \n\t\t\t\t\t\t\t\t   <span class=\"yuzo__text--title\" style=\"font-size:13px;\">Le Tunnel sous l\u2019Atlantique<\/span>\n\t\t\t\t\t\t\t  \n\t\t\t\t\t\t\t  \n\t\t\t\t\t\t\t  <\/a>\n\n\t\t\t\t\t\t  <\/div>\n\t\t\t\t\t\t  <div class=\"relatedthumb \" style=\"width:135px;float:left;overflow:hidden;text-align:center;\">  \n\t\t\t\t\t\t\t  \n\t\t\t\t\t\t\t  <a  href=\"https:\/\/benayoun.com\/fr\/1981\/01\/01\/1981\/\"  >\n\t\t\t\t\t\t\t\t\t  <div class=\"yuzo-img-wrap \" style=\"width: 135px;height:100px;\">\n\t\t\t\t\t\t\t\t\t\t\n\t\t\t\t\t\t\t\t\t\t<div class=\"yuzo-img\" style=\"background:url('https:\/\/benayoun.com\/wp-content\/uploads\/2017\/01\/MB_LOGO_ICO.webp') 50% 50% no-repeat;width: 135px;height:100px;margin-bottom: 5px;background-size: cover;  border-radius: 5% \"><\/div>\n\t\t\t\t\t\t\t\t\t  <\/div>\n\t\t\t\t\t\t\t\t\t  \n\t\t\t\t\t\t\t\t   <span class=\"yuzo__text--title\" style=\"font-size:13px;\">1981<\/span>\n\t\t\t\t\t\t\t  \n\t\t\t\t\t\t\t  \n\t\t\t\t\t\t\t  <\/a>\n\n\t\t\t\t\t\t  <\/div>\n\t\t\t\t\t\t  <div class=\"relatedthumb \" style=\"width:135px;float:left;overflow:hidden;text-align:center;\">  \n\t\t\t\t\t\t\t  \n\t\t\t\t\t\t\t  <a  href=\"https:\/\/benayoun.com\/fr\/2011\/03\/13\/can-you-digit-comprendre-le-dump-de-maurice-benayoun\/\"  >\n\t\t\t\t\t\t\t\t\t  <div class=\"yuzo-img-wrap \" style=\"width: 135px;height:100px;\">\n\t\t\t\t\t\t\t\t\t\t\n\t\t\t\t\t\t\t\t\t\t<div class=\"yuzo-img\" style=\"background:url('https:\/\/benayoun.com\/wp-content\/uploads\/2017\/01\/MB_LOGO_ICO-150x150.webp') 50% 50% no-repeat;width: 135px;height:100px;margin-bottom: 5px;background-size: cover;  border-radius: 5% \"><\/div>\n\t\t\t\t\t\t\t\t\t  <\/div>\n\t\t\t\t\t\t\t\t\t  \n\t\t\t\t\t\t\t\t   <span class=\"yuzo__text--title\" style=\"font-size:13px;\">Can you Dig\/It? Comprendre le Dump de Maurice Bena...<\/span>\n\t\t\t\t\t\t\t  \n\t\t\t\t\t\t\t  \n\t\t\t\t\t\t\t  <\/a>\n\n\t\t\t\t\t\t  <\/div>\n\t\t\t\t\t\t  <div class=\"relatedthumb \" style=\"width:135px;float:left;overflow:hidden;text-align:center;\">  \n\t\t\t\t\t\t\t  \n\t\t\t\t\t\t\t  <a  href=\"https:\/\/benayoun.com\/fr\/2014\/05\/29\/emotion-winds\/\"  >\n\t\t\t\t\t\t\t\t\t  <div class=\"yuzo-img-wrap \" style=\"width: 135px;height:100px;\">\n\t\t\t\t\t\t\t\t\t\t\n\t\t\t\t\t\t\t\t\t\t<div class=\"yuzo-img\" style=\"background:url('https:\/\/benayoun.com\/wp-content\/uploads\/2014\/05\/K11-Emotion-Winds-cut-150x150.webp') 50% 50% no-repeat;width: 135px;height:100px;margin-bottom: 5px;background-size: cover;  border-radius: 5% \"><\/div>\n\t\t\t\t\t\t\t\t\t  <\/div>\n\t\t\t\t\t\t\t\t\t  \n\t\t\t\t\t\t\t\t   <span class=\"yuzo__text--title\" style=\"font-size:13px;\">Emotion Winds<\/span>\n\t\t\t\t\t\t\t  \n\t\t\t\t\t\t\t  \n\t\t\t\t\t\t\t  <\/a>\n\n\t\t\t\t\t\t  <\/div>\n\t\t\t\t\t\t  <div class=\"relatedthumb \" style=\"width:135px;float:left;overflow:hidden;text-align:center;\">  \n\t\t\t\t\t\t\t  \n\t\t\t\t\t\t\t  <a  href=\"https:\/\/benayoun.com\/fr\/2012\/06\/27\/osmotic-world\/\"  >\n\t\t\t\t\t\t\t\t\t  <div class=\"yuzo-img-wrap \" style=\"width: 135px;height:100px;\">\n\t\t\t\t\t\t\t\t\t\t\n\t\t\t\t\t\t\t\t\t\t<div class=\"yuzo-img\" style=\"background:url('https:\/\/benayoun.com\/wp-content\/uploads\/2017\/02\/ecosmosisimg6717cs-150x150.webp') 50% 50% no-repeat;width: 135px;height:100px;margin-bottom: 5px;background-size: cover; 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