Thrills
L'herbe complaisante ou réticente réagit au contact comme les poils sur la peau. Certains mouvements plus amples rappellent le glissement des muscles sous la peau frémissante du cheval.
Dans cette relation complexe entre un flux et une matière particulièrement réceptive, on retrouve exprimée la richesse des nuances qui régissent les relations de groupe soumises àdes flux d'information ou de pouvoir. Chaque brin d'herbe se courbe sous la caresse puis semble, lorsque le vent s'intensifie, plier sous la pression. S'il émettait un son traduisant d'abord le plaisir puis la résistance enfin la douleur, l'ensemble de la butte traduirait cette rencontre ambiguë en un concert murmuré. Les mouvements plus amples qui suggèrent une réaction de la terre comme un corps musculeux seraient traduits par une autre entité sonore participant au dialogue charnel de la nature qui s'abandonne àelle-même.
Comme àla surface de l'eau distordue par la houle et les vagues, c'est la zone de contact entre les deux éléments, celle qui constitue aussi en d'autres lieux la "peau" de l'architecture, qui traduit la qualité de la relation intérieur/extérieur, résistance àla différence des natures, àl'hostilité possible de l'extériorité, àla tentative de contact. Le dialogue s'instaure quand la matière a la souplesse de jouer la rencontre comme une partition àdeux voix ou une chorégraphie àdeux corps.