OzOne Zero, the magic numbers
Si la montée du numérique dans lââ¬â¢ensemble des champs de la conscience et de lââ¬â¢action, comme un artefact sublimé de lââ¬â¢humanité bourgeonnante, une excroissance qui redéfinirait la croissance, une purulence qui pullulerait dââ¬â¢euphorie contaminant àloisir ce quââ¬â¢elle touche, ou ce qui lââ¬â¢approche ; alors nous pouvons parler de pollution endogène. Elle nait de lââ¬â¢excès dââ¬â¢Ãªtre, de la pulsion rationalisante, atomisante, taxinomique, qui nous pousse àrechercher en toute chose le plus petit dénominateur commun, même sââ¬â¢il est deux, fait de tout et rien, de lââ¬â¢un et du zéro.
Cette pollution médiatique, quââ¬â¢un Mac Luhanien orthodoxe qualifierait de chaude en Fahrenheit et de froide en Celsius, augmente pour beaucoup le trou dââ¬â¢ozone de la conscience. La capacité de notre atmosphère, de notre écosystème culturel de filtrer le rayonnement cosmique ââ¬â rien àvoir avec la divination ni avec la divinité ni avec le les comiques dont lââ¬â¢ ë s û aurait ripé ââ¬â en fait un rayonnement de lââ¬â¢affect et de la faille qui, réduisant le filtrage qui permet àlââ¬â¢art dââ¬â¢Ãªtre épargné par lââ¬â¢effet de réel, rend possible la surexposition aux vérités extrahumaines dont on est supposé se préserver :
Quââ¬â¢est ce qui serait plus parfait quââ¬â¢un univers sans humain?
Quââ¬â¢est-ce qui serait plus vrai quââ¬â¢un monde sans conscience ?
Quââ¬â¢est-ce qui serait plus inoubliable que lââ¬â¢oubli total et définitif du passage accidentel et anecdotique de lââ¬â¢humanité sur un caillou perdu dans lââ¬â¢espace ?
Ce trou dââ¬â¢OzOne Zero, qui, bornant la limite perceptible dââ¬â¢un horizon quââ¬â¢il serait urgent de repousser, pour garder lââ¬â¢espoir dââ¬â¢un infini devenir, dââ¬â¢une perfection différée, dââ¬â¢une aspiration nécessaire àcombler dââ¬â¢autres vides, réaliser dââ¬â¢autres complétudes, se répéter ë demain on vit gratis û, repasser le temps pour quââ¬â¢il soit plus lisse. Ce trou dââ¬â¢OzOne Zero donc, il faut le combler. Il faut en finir avec les doutes, il faut traquer le mal visible, cââ¬â¢est Bill Gates bien sûr, et les multinationales qui ââ¬â non, elles ne sont pas les victimes de nos fantasmes ââ¬â trahissent nos espoirs de certitudes en nous permettant dââ¬â¢en créer dââ¬â¢autres plus réconfortantes encore : Nous ne sommes pas responsables, des réality shows même si nous les regardons pour mieux comprendre pourquoi, nous ne sommes pas responsables du terrorisme même si nous nous complaisons du spectacle quââ¬â¢il nous procure et des inégalités qui le nourrissent, nous ne somme pas responsables des disparités sociales, puisque nous avons donné aux quêteurs, nous ne sommes pas responsables de lââ¬â¢oubli puisque tout est bien rangé dans nos bibliothèques, nous ne sommes pas responsable du voyeurisme et de la surveillance généralisée puisque nous refusons presque de savoir et parfois de voir.
La pollution numérique est inhumaine, la preuve : je ne sais pas comment ça marche. Elle change les atomes en pixels et nuit àlââ¬â¢ocytocine.
Alors il faudrait boucher le trou dââ¬â¢OzOne Zero et créer une zone franche, où comme lââ¬â¢on préserve certaines espèces animales de leurs prédateurs, on préserverait un territoire des excès dââ¬â¢humanité. Là, lââ¬â¢Ã©lectricité, le wifi, la radio, la télévision, la cafetière électrique, la machine àtraire les vaches et la boite de Pétri nââ¬â¢auraient pas droit de cité. Même le regard direct ou médiatisé des humains ne pourrait pas lââ¬â¢atteindre de peur que lââ¬â¢observateur ne dénature plus avant lââ¬â¢objet observé.
Et on attendrait : les débordements, lââ¬â¢observable exogène, les contaminations de pureté préservée (en conserve), jusquââ¬â¢Ã lââ¬â¢oubli du lieu, le refus dââ¬â¢en constituer jusquââ¬â¢Ã la mémoire humaine qui pourrait être une forme de contamination rétrospective.
Ce territoire nOOne Zero pourrait sââ¬â¢agrandir progressivement selon un processus automatique qui ignorerait des décisions humaines qui pourraient contredire la rigueur et la perfection du dispositif. Enfin, quelque part, il faudra tenter de préserver un échantillon ou deux, de cette espèce vouée àla disparition, comme tous les grands prédateurs, surtout ceux àla griffe binaire insidieusement rétractile, qui se sont laissé pousser la pensée au point quââ¬â¢elle masque la vue. Ou alors cââ¬â¢est lââ¬â¢inverse. La meilleure manière de répondre est souvent dââ¬â¢effacer la question.