Art Buzz, l'Art a posteriori
Deux phénomènes expliquent que beaucoup de projets artistiques ont plus dââ¬â¢impact par ce quââ¬â¢on en dit que parce ce quââ¬â¢ils représentent en acte :
- La difficulté de ë mettre en Ã
âuvre û des dispositifs complexes qui font appel àdes technologies non maîtrisées
- et la difficulté de faire appel àla contribution du public, encore moins contrôlé.
Ceux qui parcourent le monde en quête de révélations esthétiques savent que la réalité est amère et apprécient que les médias sachent en donner une image suffisamment flatteuse pour que le genre ne souffre pas trop de ses avortons conceptuels et autres erreurs de jeunesse.
Tirant parti de ces limites comme des bandes dââ¬â¢un billard sphérique de grandes dimensions, je propose un profil de carrière dââ¬â¢artiste entièrement fondé sur lââ¬â¢Art a posteriori. A quoi bon produire de lââ¬â¢Ã©chec si la réussite médiatique est possible àlââ¬â¢Ã©noncé du projet, àquoi bon produire, tout simplement, si le vrai travail de lââ¬â¢artiste est d'obtenir quââ¬â¢on en parle quoiquââ¬â¢on ait vu.
Les médias actuels permettent cette acrobatie qui consiste àalerter, mais un peu tard, dââ¬â¢Ã©vénements courant la planète que personne ne verra jamais.
Làcommence le travail véritable de spam ciblé, de relais complaisants ââ¬âun critique bienveillant qui dira combien cââ¬â¢est beau en totale méconnaissance de cause- de définition du projets possibles, de la cohérence du parcours, des références invérifiables, des localisations improbables mais si crédibles que beaucoup jurerons en avoir été, de manifestations si larges quââ¬â¢on pourrait en avoir manqué des fragments qui sont maintenant ceux dont ë on û parle. Lââ¬â¢art serait-il une affaire de buzz ? Après le vaporware qui a gonflé les startups de lââ¬â¢Internet, le VaporArt pourrait gonfler les catalogues de galeries et les bios dââ¬â¢artistes jusquââ¬â¢au point où une histoire parallèle de lââ¬â¢art sââ¬â¢Ã©crirait sur la base de témoignages apocryphes. Nââ¬â¢est-ce pas aussi faire Ã
âuvre que de dépeindre lââ¬â¢artiste quââ¬â¢on aurait pu être, alors que le virtuel autorise un genre de fiction intermédiaire dont lââ¬â¢artiste serait le médium, entre la vie et le roman ? Finalement plus réel que la fiction, puisquââ¬â¢il sââ¬â¢ancre dans la chair même de lââ¬â¢auteur.
En faisant de lââ¬â¢Ã
âuvre la fiction dââ¬â¢un artiste physiquement réel, le projet se distingue néanmoins de lââ¬â¢approche brillante de Paul Devautour et Yoon Ja dont la collection, faite dââ¬â¢Ã
âuvres authentiques, intègre la fiction de lââ¬â¢artiste comme composante structurelle.