Obscene Dump
Blake's palette (from rochester.edu)
Il y a la même obscénité dans le fait de donner àvoir (àlire) les projets rejetés quââ¬â¢Ã exposer la palette de lââ¬â¢artiste peintre.
Ce sont bien les couleurs choisies et préparées par le peintre que lââ¬â¢on voit, mais justement celles qui nââ¬â¢ont pas fini sur la toile. Candidate àla consécration, la pate est en reste, fixée sur un support dââ¬â¢oubli qui est simultanément le tremplin des couches supérieures, celles qui sont làau bon moment au point de convergence du désir de lââ¬â¢artiste et de leur consistance chimique et chromatique.
Les couches écartées sont un peu comme les fourmis qui se laissent mourir àla surface du lac àfranchir pour que les autres leur passe sur le corps. Mais la peinture non plus nââ¬â¢a pas dââ¬â¢Ã¢me. Si la pate, la matière et le médium ne prennent de sens que dans leur agencement et leur articulation comme les mots en vrac dans un dictionnaire chaotique, alors les projets en vrac du Dump constituent une matière tremplin pour les strates àvenir, àleur tour éligibles.
Mais qui, dans lââ¬â¢histoire de la peinture aurait pu donner àvoir lââ¬â¢Ã©volution de sa palette comme accomplissement dynamique de lââ¬â¢Ã âuvre sans quââ¬â¢il y ait quelque obscénité au procédé.
Peut-on dire que lââ¬â¢art actuel, au XXIème siècle, intègre lââ¬â¢obscénité, la surexposition comme modalité non seulement acceptable mais quasi nécessaire de la mise à âuvre ? Du processus en action au processus réifié, candidat précoce àlââ¬â¢appréciation.