
Player : François Schuiten
Au début des années 90 je réalisais avec la complicité de François Schuiten et Benoît Peeters une des toutes premières séries en images de synthèse 3D : les
Quarxs. Après une première série de 12 épisodes largement récompensée sur le plan international et diffusée sur France 3 et Canal + en
prime time, la seconde série nââ¬â¢a pu se faire. A lââ¬â¢Ã©poque la directrice des programmes jeunesse de France 3, particulièrement visionnaire, avait décidé que lââ¬â¢image de synthèse nââ¬â¢arriverait jamais àtoucher le jeune public et quââ¬â¢en conséquence elle ne donnait pas suite. La série sââ¬â¢est donc arrêtée là. Après un projet inabouti de jeu vidéo (1994) nous nous sommes lancés avec François Schuiten dans la conception dââ¬â¢une version long métrage. Entièrement défini dans sa trame narrative et son approche stylistique, le scénario est resté inachevé. Peut être parce que la mutation dans lââ¬â¢imaginaire collectif du concept dââ¬â¢accident opérée par le 11 septembre fragilisait la symbolique du projet.
Résumé des épisodes précédents : Un chercheur en crypto-biologie comparée àdécouvert, du moins le croit-on au vu des documents quââ¬â¢il transmet aux médias, une espèce vivante, invisible et omniprésente, qui défie les lois de la nature. En référence aux ââ¬Ëââ¬â¢quarksââ¬â¢Ã¢â¬â¢ de la physique, hypothèses difficilement observables et localisables, il décide dââ¬â¢appeler ë Quarxs û ces êtres qui remettent en cause les principes établis de la physique, de la biologie, de lââ¬â¢optique. Ainsi apparaissent le
spatio striata (qui nââ¬â¢existe quââ¬â¢un centimètre sur deux, le
partioscopa Dextra (visible quââ¬â¢Ã droite), le
polymorpho proximens (qui prend la forme des objets quââ¬â¢il approche) et autre
reverso chronocycli (qui inverse le temps) qui selon ces documents, partageraient avec nous lââ¬â¢espace vital sans que nous ne les ayons jamais rencontrés.
Pire encore ! Les
Quarxs constitueraient
la seule explication définitive de lââ¬â¢imperfection du monde. La première phrase du synopsis nââ¬â¢Ã©tait-elle pas :
ë Au commencementââ¬Â¦ Dieu sââ¬â¢est trompé ! û.
La série étant entièrement réalisée en images de synthèse 3D il me paraissait pertinent de situer différemment le long métrage. Pour celui-ci, en mélangeant prise de vue réelle et effets spéciaux, nous entrons dans une écriture narrative proche de celle du film dââ¬â¢action : disparition dââ¬â¢Arnold Troefek, brillant chercheur en crypto-biologie comparée accusé dââ¬â¢avoir mystifié la planète en communiquant des documents douteux sur des créatures probablement imaginaires. Sa fille, jeune archéologue élevée loin de ses parents, part àla recherche de son père. Après de nombreuses péripéties qui la conduisent en compagnie dââ¬â¢un jeune chercheur américain, de Londres au Tibet, de la Sibérie au Pérou, elle finit par retrouver sa trace. Il est poursuivit par les géants des télécoms qui semblent sââ¬â¢intéresser àses dernières découvertes. Les catastrophes se multiplient sur la planète et lui seul paraît connaitre lââ¬â¢explication du phénomène. Le film est étrange dans sa matière même: lââ¬â¢image se dégrade parfois sans quââ¬â¢on puisse se lââ¬â¢expliquer. A moins que le dispositif dââ¬â¢observation des scènes soit autre chose quââ¬â¢une simple cameraââ¬Â¦