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	<title>OpenArtBlog &#187; désorientation</title>
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		<title>Le son par le corps : “Vent Tendu“</title>
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		<pubDate>Fri, 13 Apr 2012 18:55:20 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Melodie Mancipoz</dc:creator>
				<category><![CDATA[Immersion]]></category>
		<category><![CDATA[Interactivité]]></category>
		<category><![CDATA[Low Tech 2012]]></category>
		<category><![CDATA[corps]]></category>
		<category><![CDATA[désorientation]]></category>
		<category><![CDATA[Oeuvre sonore]]></category>
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		<description><![CDATA[Pierre-Laurent CASSIÈRE, Artiste Sonore Plasticien se joue des limites de perception. Il nous propose de vivre l’expérience d’un mode d’écoute inhabituel, qui permet de vivre l’oeuvre sonore par l’intermédiaire du corps. Un espace d’exposition est plongé dans le noir. Il &#8230; <a href="https://benayoun.com/openartblog/?p=1175">Continuer la lecture <span class="meta-nav">&#8594;</span></a>]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify"><strong>Pierre-Laurent CASSIÈRE, Artiste Sonore Plasticien se joue des limites de perception. Il nous propose de vivre l’expérience d’un mode d’écoute inhabituel, qui permet de vivre l’oeuvre sonore par l’intermédiaire du corps.<strong><span id="more-1175"></span></strong></strong></p>
<p style="text-align: justify">Un espace d’exposition est plongé dans le noir. Il est traversé par un câble en acier éclairé par ses deux extrémités. Silence.<br />
Le visiteur observe et s’approche de ce câble qui semble transmette quelque chose. Le silence est tel que l’on devine un bruissement de la matière. L’auditeur en vient à poser son oreille sur le câble, c’est alors un univers complet de sonorités qui s’offre à lui.<br />
L’écoute se fait par voie osseuse qui transmettent à l’oreille interne des ondes vibratoires elles-mêmes transmisent par l’acier et qui sont générés par des transducteurs électro-mécaniques. Le signal audio est généré par un programme informatique qui sur la base d’échantillons phonographiques du vent et de bruits de synthèse, crée des sons à l’infini. Il n’y a aucun début ni fin à l’oeuvre sonore.</p>
<p style="text-align: justify">Les ondes vibratoires (et donc le son) effectuent des allers-retours d’un bout à l’autre du câble. Cette réverbération, tel un écho, donne une sensation de spatialité sonore.</p>
<p style="text-align: justify"><a href="http://benayoun.com/openartblog/?attachment_id=1842" rel="attachment wp-att-1842"><img class="aligncenter size-large wp-image-1842" src="http://benayoun.com/openartblog/wp-content/uploads/2012/04/IMG_2328_V3-680x358.jpg" alt="" width="640" height="336" /></a></p>
<h2 style="text-align: justify">Désorientation</h2>
<p style="text-align: justify"><strong>Deux espaces distinctifs? Des tensions entre son et espace, entre réel et virtuel.</strong></p>
<p style="text-align: justify">La personne expérimentant l’installation se figure un espace sonore, et en parallèle un espace réel qui lui, est dénué de tout son. Comment ces deux espaces de nature différentes cohabitent-ils?<br />
L’espace sonore provoque l’imagination du spectateur, qui se crée une image virtuelle d&#8217;un environnement dans lequel les sons se déplacent. La profondeur des bruits du vent ainsi que la vitesse des claquements et de leur va et vient, figurent un espace virtuel qui semble vaste et complexe.<br />
Au contraire, l’espace «réel» d’exposition est élémentaire (4 murs) et sans bruit. Le vide créé dans la pièce invite les visiteurs au silence.</p>
<p style="text-align: justify">Une tension se crée entre un espace réel qui est simplement occupé par un câble. Et un paysage virtuel sonore qui nous est transmis par ce même élément et que s’imagine l’auditeur. L’un devient-il le complément de l’autre? Ou bien le spectateur est-il positionné entre deux espaces qui ne font pas appel aux même sens?</p>
<p style="text-align: center"><a href="http://benayoun.com/openartblog/?attachment_id=1862" rel="attachment wp-att-1862"><img class="aligncenter size-large wp-image-1862" src="http://benayoun.com/openartblog/wp-content/uploads/2012/04/VentTendu3_V21-680x337.jpg" alt="" width="640" height="317" /></a></p>
<h2>La pénombre / La lumière</h2>
<p><strong>Deux expériences de <em>Vent Tendu</em> différentes?</strong></p>
<p style="text-align: justify">L’installation <em>Vent Tendu</em> n’est pas toujours exposée telle qu’elle l’a été au festival Exit (dans une salle plongée dans le noir, avec des spots éclairants d’un bout à l’autre le câble), elle est parfois proposée dans des espaces tout aussi neutres, mais aux murs blancs et baignés de lumière.<br />
Ces deux modes d’exposition font-ils une différence dans l’expérimentation de l’auditeur? L’appréciation de l’oeuvre est-elle la même?</p>
<p style="text-align: justify">La salle plongée dans le noir supprime toute notion d’espace et d’environnement visuel au spectateur. Dénué de repères, il est alors beaucoup plus à l’écoute de ses sens et apte à vivre une expérience sensorielle. Ce mode d’exposition est propice à l’imaginaire et à la projection d’un espace virtuel à l’endroit même où il se trouve. Il crée un espace visuel autour de lui. Barnett Newmann dit que le noir est la couleur du « vide pour faire place à l’expérience ».<br />
Lorsque Vent Tendu est exposé dans un espace lumineux, même si celui-ci est tout aussi rudimentaire, un contexte architectural s’impose au visiteur. Nous pouvons voir deux espaces différents à la Villa ARSON ( modèle du White Cube ) et au centre d’Art du Fort Bruissin ( ancien Fort militaire du XIXème ). Le visiteur ne peut se détacher de l’atmosphère émanant de la pièce. Je ne veux pas dire ici que l’espace est une limite à l’expérience sonore, mais que l’imaginaire sonore du visiteur s’inscrit dans ce cas là dans un espace pré-dessiné par l’environnement.</p>
<p style="text-align: justify"><a href="http://benayoun.com/openartblog/?attachment_id=1850" rel="attachment wp-att-1850"><img class="aligncenter size-large wp-image-1850" src="http://benayoun.com/openartblog/wp-content/uploads/2012/04/IMG_0673_V2-680x412.jpg" alt="" width="640" height="387" /></a></p>
<h2>Un mode d’installation propice à l’écoute.</h2>
<p><strong>Quoi de mieux que le silence pour mettre en valeur le travail d’un plasticien sonore?</strong></p>
<p style="text-align: justify">Ce silence et la neutralité du lieu d’exposition permettent une disponibilité des sens du visiteur. L’ouïe est un sens constamment suscité, et le silence nous interpelle. Aucune autre aptitude que l’ouïe n’est interpellée. Le minimalisme de la mise en place permet de ne pas se focaliser sur l’apparence de cette oeuvre, et laisse place à l’expérience sonore qu’il propose. La mise en lumière du câble, permet de mettre en avant l’objet de l’expérience. Le relation de l’auditeur à l’espace est une ligne directrice du travail de Pierre-Laurent Cassière ( cf. <a title="Schizophone : une œuvre étonnante pour de nouvelles perceptions sensorielles" href="http://benayoun.com/openartblog/?p=1270">Article sur Schizophone</a> ). L’artiste expose son oeuvre, mais laisse toute liberté au visiteur de l’expérimenter. Ce silence active la curiosité de l’auditeur, qui fera le choix d’interagir avec l’oeuvre.</p>
<h2>Décomposition</h2>
<p><strong>Métaphore Instrumentale / Le son tactile</strong></p>
<p style="text-align: justify">Le corps est la caisse de résonance dans lequel les ondes vibratoires se transforment en un paysage sonore fait de claquements, de bruissements et de souffles. Le câble est le liant entre l’auditeur et les ondes vibratoires. La matière par laquelle passe le son afin qu’il soit perceptible et audible. Le visiteur est amené à avoir un contact physique avec l’oeuvre pour que le son atteigne le système auditif, il est conduit à poser la tempe sur le câble. Le corps de l’auditeur devient alors l’élément d’un instrument, le prolongement de l’oeuvre de Pierre-Laurent Cassière. L’artiste va plus loin que l’expérience interactive et sonore, il use du corps de l’auditeur et en fait l’élément clé à l’écoute du dispositif sonore. Le corps comme support d’écoute de l’oeuvre.</p>
<p style="text-align: justify">C’est par les vibrations transmises à la matière (le câble) puis au corps que le son se répand et devient audible. Pierre-Laurent Cassière transforme le son, qui par définition est un élément impalpable, en expérience corporelle. L&#8217;expérience sensitive devient physique. Le contact avec la matière est essentiel à la compréhension de l’oeuvre. L’artiste ajoute à l’expérience sonore, une expérience du corps comme objet de transmission.</p>
<p style="text-align: justify">L’artiste décompose chaque élément d’un dispositif sonore classique. L’homme et son corps (ex : le musicien), générateur, créateur de sons devient ici un objet récepteur (le squelette fait office d’amplificateur pour le système auditif). Il n’est pas seulement l’oreille, apte à saisir les ondes sonores, il est la matière par laquelle se diffuse le son. La corde, ici le câble, matière sur laquelle le musicien apporte des tensions afin de générer des vibrations et donc du son, n’est plus l’élément sur lequel on agit mais devient la matière de transmission du son vers l’auditeur. Le générateur de vibration (initialement le musicien) est ici un transducteur relié à un ordinateur qui diffusent les vibrations correspondants à des sons.</p>
<h2>Délocalisation</h2>
<p><strong>Expérience personnelle, expérience du corps.</strong></p>
<p style="text-align: justify">Comment réaliser une expérience sonore personnelle, sans l’aide de casque qui isole du bruit environnant?<br />
Le son est transmis d’une façon inhabituelle à l’auditeur. L’écoute se fait dans la matière, par la matière et avec l‘intermédiaire de son propre squelette. L’artiste effectue une délocalisation de l’écoute et de la transmission du son. Habituellement capté dans l’air, et transmis par amplification, audible de tous dans un espace, Pierre-Laurent Cassière transforme l’expérience sonore collective en une expérience personnelle et intracorporelle.<br />
Le son ne peut s’apprécier habituellement que par l’intermédiaire du système auditif. C’est cette fois-ci le corps de l’auditeur qui est mis en jeu. Le squelette fait office de transmetteur des ondes vibratoires. Chaque auditeur est son propre amplificateur.<br />
La délocalisation se situe aussi au niveau de la transmission du son d’un espace à l’autre. La source des vibrations n’est pas dans l’espace d’exposition. En tant qu’auditeur nous pouvons habituellement identifier la source sonore, ainsi l’artiste bouleverse nos repères en supprimant toute reconnaissance visuelle qui nous permettrai de comprendre la provenance des bruits émanant de la matière.</p>
<p style="text-align: justify"><a href="http://benayoun.com/openartblog/?attachment_id=1852" rel="attachment wp-att-1852"><img class="aligncenter size-large wp-image-1852" src="http://benayoun.com/openartblog/wp-content/uploads/2012/04/Vent_tendu4V2-680x695.jpg" alt="" width="640" height="654" /></a></p>
<h2>Faut-il développer une symbolique autour de cette oeuvre?</h2>
<p style="text-align: justify">“Vent Tendu“ donne l’impression que le son est produit par la matière (par définition, l’acier est inerte). Ceci donne une dimension fantastique, magique à l’oeuvre. L’inconnu est divin.<br />
Le câble est disposé en travers de la pièce du haut vers le bas. Ceci pourrait être la signification de l’ascension d’une source sonore, provenant soit du sol, soit de quelque chose de plus haut. Et par conséquent emmènerais l’auditeur à effectuer ce chemin de pensée.<br />
Certes, la lumière est un objet de représentation symbolique forte. Elle renvoie au pouvoir de la divinité et de la révélation. Mais doit-on voir ici un lien quelconque? Pouvons-nous tirer un sens de cette mise en lumière directionnelle avec l’expérience sonore, les types de sons proposés (claquements, bruissements et la disposition du haut vers le bas du câble?</p>
<p style="text-align: justify">Tel que nous pouvons le voir dans l’histoire de l’art avec le mouvement impressionniste ou avec des peintres tel que le Caravage ou Turner, la lumière est d’abord l’élément essentiel à l’artiste, qu’il soit peintre, architecte ou plasticien. Elle est le moyen de mettre en valeur une oeuvre à sa juste valeur.</p>
<p style="text-align: justify">Il est certain que ce dispositif crée une sensation de monde parallèle fantastique voir divin car beaucoup d’éléments sont rassemblés. Sans pour autant en tirer des conclusions de symbolique trop imposantes, je pense qu’il faut rester dans l’expérience sensitive et personnelle de l’auditeur. L’artiste à su mettre en oeuvre tous les moyens pour que le visiteur puisse se créer son propre espace virtuel sonore.</p>
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		<title>Schizophone : une œuvre étonnante pour de nouvelles perceptions sensorielles</title>
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		<pubDate>Fri, 13 Apr 2012 15:20:01 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Cassandra Ribotti</dc:creator>
				<category><![CDATA[Immersion]]></category>
		<category><![CDATA[Installation sonore]]></category>
		<category><![CDATA[Low Tech 2012]]></category>
		<category><![CDATA[désorientation]]></category>
		<category><![CDATA[son]]></category>
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		<description><![CDATA[Schizophone de Pierre-Laurent Cassière, 2006 Low Tech ou comment mêler ancien et nouveauté, passé et avenir, artisanat et numérique. Cette exposition à la Maison de Arts et de la Culture de Créteil présentait une vingtaine d’œuvres dont la perception était &#8230; <a href="https://benayoun.com/openartblog/?p=1270">Continuer la lecture <span class="meta-nav">&#8594;</span></a>]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><span style="color: #808080"><em>Schizophone</em> </span><span style="color: #999999">de Pierre-Laurent Cassière, 2006</span></p>
<p style="text-align: justify"><strong><em>Low Tech ou comment mêler ancien et nouveauté, passé et avenir, artisanat et numérique. Cette exposition à la Maison de Arts et de la Culture de Créteil présentait une vingtaine d’œuvres dont la perception était totalement bouleversée et renversée par l’œuvre Schizophone de Pierre-Laurent Cassière.</em></strong></p>
<p style="text-align: justify">2006 ou la naissance de cinq prototypes de casques de désorientation. Réalisés avec des moyens peu coûteux (PVC, résine, néoprène et feutre), l’artiste va bouleverser notre façon d’entendre le paysage sonore.</p>
<p style="text-align: justify"><span id="more-1270"></span> Pierre-Laurent Cassière nous plonge dans une mise en abîme physique et sensorielle. C’est ici l’œuvre dans l’œuvre, l’œuvre dans les œuvres ; Nous la vivons grâce à ses complices, installations que l’on peut apercevoir du coin de l’œil, ou entendre vibrer dans nos tympans.</p>
<p style="text-align: justify">Car le <em>Schizophone</em>, lorsqu’il trône en maître sur le haut de notre tête, va entrer en communication avec les différentes œuvres présentes dans l’exposition. Il y a un aller-retour entre elles, elles se révèlent mutuellement des facettes insoupçonnées. L’œuvre de Pierre-Laurent Cassière est dotée d’une profondeur sans limites. Ces cônes de captation sonore ouverts sur l’extérieur n’ont de limites que celles de l’espace qui nous entoure. L’œuvre n’a ni début ni fin, elle est en perpétuelle évolution avec son environnement.</p>
<p style="text-align: justify"><strong><em>Schizophone</em> se joue de nous</strong></p>
<p style="text-align: justify">Posé là, humblement sur son support qui nous tend la main, ce casque est plus qu’un objet. Délicatement présenté face à nous sur un mur d’un blanc immaculé, il est révélé comme précieux sous les feux des projecteurs. Fixé au mur comme on fixerait un tableau, il se dresse fièrement devant nous et impose l’admiration de la beauté de ses courbes, magnifiées par la lumière qui le baigne. Suppression, ajout, travail et modelage des matériaux, ce casque n’en est plus un. Il devient sculpture. Il devient œuvre.</p>
<p style="text-align: justify">« Attrape moi » semble murmurer cette sculpture, c’est une invitation. Mais le mystère reste entier, une invitation à quoi ? Difficile alors d’imaginer que cet objet est vecteur de sensations tant il nous apparaît comme incongru et drôle à la fois. Le bras engagé, la main agrippe cette sculpture qui nous renvoie à un objet très familier, le casque audio et le porte naturellement à nos oreilles.</p>
<p style="text-align: justify"><strong>À en perdre la raison</strong></p>
<p style="text-align: justify">Un casque d’écoute émet du son. Voilà l’évidence que l’artiste remet en question.</p>
<p style="text-align: justify">Transformé par la suppression du matériel électronique et par l’ajout de deux grands cornets acoustiques, dirigés de chaque côté de la tête selon l’alignement des épaules, le casque devient alors un récepteur. La forme conique amplifie le son. Immergés dans une bulle sonore, l’isolement se fait sentir. Les mains viennent presser le casque contre les oreilles. Nouvelle expérience dont il ne faut perdre une miette.</p>
<p style="text-align: justify"><strong>Ébullition</strong></p>
<p style="text-align: justify">Sensation d’ouverture du corps entier sur l’espace qui l’entoure. Bouche cousue, yeux écarquillés, ouïe décuplée. Notre enveloppe physique semble alors être devenue un poids. Notre cerveau étant pleinement occupé à traiter des informations visuelles et auditives, le corps devient  alors une masse à déplacer de manière consciente.</p>
<p style="text-align: justify">Notre organisme est stimulé de manière intense au niveau de la vue et de l’ouïe. À la limite de l’hypersensitivité, les sons et les ressentis amplifiés mettent alors des parties de corps en éveil. Nos oreilles et notre corps entier sont à présent ouverts, comme si l’enveloppe charnelle avait disparu. Sensation d’un corps à vif. Toutes les manifestations sonores qui nous entourent se heurtent directement à notre intérieur.</p>
<p style="text-align: justify">Nouvelle façon d’appréhender l’espace, l’ouïe, qui est sollicitée au quotidien, prend le pas sur tous les autres sens et devient à présent nos yeux. Des yeux qui regarderaient dans des sens opposés.</p>
<p style="text-align: justify"><strong>Désorientation</strong></p>
<p style="text-align: justify">La forme conique transforme notre perception auditive. Elle donne une direction au son qui va arriver à nos oreilles en passant par les cônes de la sculpture. Le fait qu’ils soient disposés de chaque côté de notre tête va scinder la réception sonore en deux. Oreilles droite et gauche sont dissociées. Elles doivent à présent fonctionner indépendamment l’une de l’autre.</p>
<p style="text-align: justify">Si la forme conique oriente dans une direction, le fait qu’il y en ai deux, situées de manière opposée dans l’œuvre, vient au contraire désorienter le spectateur, qui a le sentiment d’être appelé simultanément dans deux directions. Le fait qu’elle soit démultipliée fausse donc la localisation.</p>
<p style="text-align: justify"><strong>L’audition est un jeu</strong></p>
<p style="text-align: justify">Après la surprise, l’isolement, la fascination et le transfert de sens, le corps se manifeste comme une évidence.<br />
Le corps est support de l’œuvre.</p>
<p style="text-align: justify">Un pied devant l’autre, la vraie aventure commence. Le corps devient le moyen de vivre pleinement l’expérience. L’oreille, plus qu’un organe de communication, devient un organe d’orientation. La mobilité accentue la perte de repères. L’oreille alerte, entend, reçoit des sons de provenances souvent non identifiées.</p>
<p style="text-align: justify">Tête en l’air, tête baissée, léger pivot ou retournement franc, l’œuvre est une invitation au jeu, au mouvement. Légère, elle s’oublie rapidement. Elle met en exergue le pavillon de notre oreille. Simultanément juxtaposée et prolongement du corps, celui-ci reste libre de se mouvoir au gré de ses envies. Œuvre à vivre, œuvre à ressentir. Les mots s’effacent au profit des sensations.</p>
<p style="text-align: justify">Le corps est dans cette œuvre caisse de résonance des sons, il les reçoit et les traite. Puis les interprète, les transforme pour les traduire en images. L’imaginaire est sollicité, le doute et l’ignorance de la provenance d’un son a quelque chose d’inquiétant. Mais de fascinant aussi. L’artiste donne à chaque individu portant cette œuvre la possibilité de vivre le son et de transformer cette matière sonore. L’œuvre n’existe pas sans l’individu qui la complète. L’artiste crée le lien entre le spectateur et l’œuvre. Il les uni pour une expérience unique. Le spectateur accepte de transformer son corps. Car en portant le casque à sa tête, celle-ci devient extensible. L’œuvre intervient sur le spectateur comme le prolongement de son corps.</p>
<p style="text-align: justify"><strong>Stéréo augmentée</strong></p>
<p style="text-align: justify">Dotée d’un filtrage passe haut, la prothèse auditive révèle des sons infimes. Étrangeté d’un nouveau paysage sonore, la déambulation crée sans cesse de nouveaux cadrages acoustiques. L’espace qui nous entoure est délimité par les sons que nos oreilles reçoivent, l’imaginaire fait le reste ; il se dessine un lieu, des murs virtuels pour cloisonner un espace qu’on ne pourrait finalement accepter comme infini. C’est un paysage abstrait qui ne revêtira pas les même couleurs ni les mêmes limites en fonction de chaque personne.</p>
<p style="text-align: justify">La combinaison de tous les sons présents in situ crée un paysage sonore riche et varié. Bruits inhérents à l’architecture du lieu, aux témoignages des gens, à leurs pas, sons émanants des autres œuvres sonores exposées dans le lieu&#8230; Le spectateur sera tantôt immergé dans un paysage à forte pollution sonore : où une multitude de sons seront captés par le cône. Tantôt il trouvera de la tranquillité dans la douceur d’un chuchotement.</p>
<p style="text-align: justify">Mais parfois chaque oreille perçoit indépendamment un paysage différent et le conflit s’opère. Instinctivement la tête cherche un angle d’écoute plus adapté au traitement des informations par le cerveau. Un angle où les sons ne sont pas totalement en opposition.</p>
<p style="text-align: justify"><strong>Je suis ici et là bas</strong></p>
<p style="text-align: justify">L’ouïe est démultipliée. Les yeux trahissent. Je te vois, je t’entends mal. Je ne te vois plus, je t’entends bien. Regarder en face quelqu’un qui nous parle et entendre les sons émanants d’une œuvre sonore à l’autre bout de la pièce. Déstabilisant.</p>
<p style="text-align: justify">Le dialogue communément pratiqué en face à face, n’a ici plus lieu d’être. Trop direct, il perd son intérêt. L’oreille s’émoustille à présent de discussions chuchotées ou lointaines. Magique.</p>
<p style="text-align: justify">Sentiment d’immersion dans des conversations qui ne veulent pas de nous et qui pourtant nous appellent. Immersion dans des ambiances sonores qui ne se situent pas où notre corps se dresse. Se faufiler, déambuler, tout écouter, être intrusif, ne plus entendre ses pas, flotter et rebondir sur de nouveaux sons. Se sentir léger et petit, avoir la sensation d’être discret. Petit oubli : tout le monde nous regarde ; l’extension ajoutée aux oreilles a fait doubler la tête de volume. Paradoxe.</p>
<p style="text-align: justify"><strong>Don d’ubiquité</strong></p>
<p style="text-align: justify">Il s’applique ici au son.<br />
Notre corps est physiquement présent à un seul endroit à la fois. Ce sont les sons, provenants  à nos oreilles de distances et de lieux différents, qui nous font ressentir cette sensation d’omniprésence. L’espace de déambulation accueille une variété de sonorités inhérentes à l’ambiance du lieux et des autres œuvres. Les sons graves étant plus difficiles à localiser que les sons aigüs, ils amplifient la perte de repères et la sensation d’ubiquité. Les oreilles transportent le corps.</p>
<p style="text-align: justify"><strong>Schizo</strong></p>
<p style="text-align: justify"><strong></strong>Pouvoir tout entendre ou presque. Puissant. Qui me parle ? Est-ce toi qui bouge tes lèvres ou est-ce le ronronnement d’un mécanisme en action deux étages plus bas ? Peut importe, quand bien même tu me parlerais, je n’entends pas que toi.</p>
<p style="text-align: justify">J’ai des oreilles sur mes oreilles et sur les oreilles de mes oreilles. Ce n’est pas clair ? Plus rien ne l’est. Assailli par des sons et des voix provenants de tous côtés, les oreilles vibrent.<br />
La tête est habitée. Nous sommes plusieurs.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p style="text-align: justify"><span style="color: #999999">Crédits Photo : <span style="color: #808080">© Cassandra Ribotti</span></span></p>
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